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Arts visuels/Ouattara Watts: Double-expo d’un retour au pays natal !

Simultanément à La Rotonde des arts et à la galerie Cécile Fakhoury, l’un des peintres majeurs de la scène contemporaine mondiale, l’Ivoirien établi aux Usa, expose pour la première fois à Abidjan.

Le jeu en valait la chandelle pour le retour sur ses terres, que le peintre Ouattara Watts, expose, simultanément, à Abidjan, après une absence de plus de 30 ans, sur les cimaises prestigieuses de la galerie Cécile Fakhoury à Cocody, et à la Rotonde des arts contemporains au Plateau. Du 23 novembre 2018 au 26 janvier 2019, pour la première, et du 19 novembre au 31 décembre pour la seconde.

Sous la houlette du Pr Yacouba Konaté, président honoraire de l’Association internationale des critiques d’art (Aica) et ami d’enfance de Watts, la Rotonde a procédé au vernissage, le lundi 19 novembre, quand ce jeudi 22 novembre, à partir de 18h, sera vernie l’expo de Cécile Fakhoury.

L’évènement de l’année

En tout état de cause, c’est l’évènement majeur des arts visuels pour cette année 2018 en Côte d’Ivoire, voire dans la sous-région ouest-africaine. Car, à maints des égards, Watts, compagnon de route de Jean-Michel Basquiat dont la cote ne cesse d’affoler les collectionneurs de par le monde, 30 années après sa subite disparition, est tout aussi iconoclaste et compte dans le Top 10 des artistes contemporains les plus cotés au monde.

Américain d’adoption, Ivoirien de naissance, formé aux beaux-arts de Paris, il n’en demeure pas un « patrimoine universel vivant ». Pour son retour au pays donc, mais surtout pour sa première sur sur les cimaises ivoiriennes, deux expos, aux titres différents mais ô combien adjuvants, expriment son écriture intemporelle et sa vision universaliste de l’art. « Get Ready! » (Soyez prêts!), à la Rotonde, et « Before looking at this work, Listen to it » (Avant d’observer ce travail, écoute son histoire) chez Fakhoury, jaillissent alors comme des professions de foi.

Avec comme leitmotiv, pour paraphraser le Pr Konaté, « d’être prêt, par le travail et l’abnégation, à donner une chance à la chance, comme ce fut le cas pour Watts avec Basquiat » ; d’une part, et d’autre part, de s’inspirer de l’histoire d’une trajectoire, celle de Watts, qui quoique portée par une reconnaissance internationale, s’ancre sur de solides références traditionnelles et ancestrales africaines, pour citer Cécile Fakhoury.

Une écriture universelle, ancestrale et transcendantale

Et l’historienne de l’art et galeriste de commenter, au sujet de la proposition artistique du peintre : « Avec des couleurs soutenues, des formes dynamiques, des signes et symboles hypnotiques, Ouattara Watts explore des liens spirituels qui transcendent géographie et nationalités.

En fusionnant des objets trouvés, clichés photographiques ou autres matériaux bruts, la peinture de Ouattara évoque l’identité multiculturelle de l’artiste et nous livre différents niveaux de lecture, socialement et historiquement. Toujours empreint de lyrisme et d’esprit, il conjugue des mondes imaginaires et des visions magiques, urbanité et ancestralité, pour nous montrer les relations métaphysiques entre les êtres ».

Dans le même élan, Pr Yacouba Konaté, saisit, dans une approche diachronique, l’écriture picturale de Watts qui se révèle…transcendantale: « Revisitons le tableau des récurrences annotées : des carrés et des triangles et donc des droites. Des droites mais aussi des cercles. Plus tard, des chiffres et des lettres, des équations mais aussi des symboles et  des idéogrammes.

Le tout dans une ambiance qui suggère qu’il y aurait des choses à voir quand bien même il n’y a rien à comprendre, rien à savoir. Nietzsche l’a répété : il n’y a pas de vérité ; rien que des interprétations.

De proche en proche, sur des compositions souvent monumentales, Watts organise ses matériaux : des figures et des idéogrammes, des lettres et de chiffres et aussi des couleurs. Sa peinture fait vibrer au moins trois lignes de force : la féerie enchantée des couleurs, la charge problématique des chiffres, la fixité énigmatique des visages ».

In fine, cette double expo de Watts à Abidjan, avec une quarantaine de toiles aux formats XXL, de part et d’autre des deux galeries, s’érige comme une occasion unique pour amateurs et collectionneurs, professionnels et étudiants, critiques et galeristes de s’abreuver à la source vivifiante d’un artiste en lettres…ca-pi-tales !

REMI COULIBALY

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